jeudi 26 avril 2018

TUINA ET SCOLIOSE


"Le Yang Qi, par son raffinement nourrit le Shen, par sa souplesse nourrit les muscles. Si la fermeture (hé) et l'ouverture (kāi) ne sont pas parachevés (dé), le qi froid" pénètre, entraînant ainsi les grandes courbures (dà lóu) [du dos]. (阳气者,精则养神,柔则养筋。开阖不得,寒气从之,乃生大偻", yáng qì zhě, jīng zé yǎng shén, róu zé yǎng jīn。kāi hé bù dé, hán qì cóng zhī, nǎi shēng dà lóu.). SW1

La scoliose est une déviation sinueuse de la colonne vertébrale dans les trois plans de l'espace : inclinaison dans le plan frontal, rotation des vertèbres dans le plan horizontal et inversion des courbures dans le plan sagittal. Il s'agit d'une déformation non réductible, contrairement à l'attitude scoliotique. Une déviation du rachis est considérée comme une scoliose quand l'angulation est égale ou supérieure à 10 degrés.

Épidémiologie
Environ 4 % des enfants ont un certain degré de rotation de la colonne vertébrale, la plupart ne nécessitant aucune prise en charge.

Il est intéressant de noter que l'ensemble de la population présente une vraie scoliose (avec gibbosité). Cependant, cette déformation reste dans la majorité des cas à l'état endémique et discret, c'est-à-dire inférieure à 10 degrés d'angulation. En effet, le rachis se déforme souvent de façon naturelle sous l'excès de tonus des chaines musculaires. Quand cette déformation atteint une certaine importance, on parle de scoliose idiopathique.

La scoliose structurale idiopathique se développe habituellement après la petite enfance, avant la puberté et pendant la croissance pubertaire. Elle atteint en majorité la population féminine (une fois et demi à deux fois plus que chez le garçon), et, généralement, les filles présentent des scolioses plus graves que les garçons. La courbe scoliotique tend à s'aggraver avec le temps. Ce degré de progression est variable selon les individus mais semble plus important dans les cas de scolioses dorsales, lorsque la courbure initiale est déjà importante, ou lorsque le patient n'est pas encore mature.

Causes
Il semblerait que la scoliose ait des origines diverses : génétiques, neurologiques, biomécaniques, environnementales, mais pas posturales. En effet, une scoliose n'est jamais le fruit d'une négligence, ni d'une mauvaise posture. Il s'agit d'une maladie à part entière liée uniquement à la croissance de la colonne vertébrale. Néanmoins, en période de croissance, une mauvaise posture peut aggraver une scoliose déjà présente (c'est en position assise que les vertèbres se déforment le plus).

Il existe trois types de scoliose : congénitale (secondaire à une malformation vertébrale), syndromique (secondaire à une maladie neuro-musculaire, comme une neurofibromatose, une maladie de Marfan, un syndrome d'Ehlers-Danlos) et idiopathique, la plus fréquente, sans cause retrouvée.

Elle peut apparaître à l'âge adulte et est en règle générale modérée, secondaire à des tassements vertébraux asymétriques.

Diagnostic différentiel
La scoliose est dite « vraie » (ou structurale) quand une rotation est associée à la déviation latérale. Ce cas concerne une certaine proportion de la population générale (environ 4 personnes sur 100).

La grande majorité des scolioses de l'enfance sont « idiopathiques », ce qui signifie que leur origine est inconnue, à la différence des scolioses secondaires à une anomalie neuromusculaire, une tumeur, un traumatisme ou une malformation vertébrale. La scoliose idiopathique est à différencier aussi de l'attitude scoliotique, ou scoliose posturale, qui ne comporte pas de rotation des corps vertébraux, et qui se corrige en position couchée. Elle peut aussi être héréditaire. Dans la population, la majorité des scolioses sont légères (inférieures à 20°). Les scolioses moyennes et sévères ne concernent qu'un faible pourcentage de la population.

Évaluation
Examen clinique
Il doit être fait chez un patient dénudé (en sous-vêtement) et debout. Toute asymétrie de longueur des membres inférieurs, visualisée en particulier par une asymétrie de niveau des crêtes iliaques, doit être compensée. Les déformations de la colonne vertébrale peuvent être notées et une déviation latérale peut être quantifiée par rapport à une verticale (fil à plomb dont l'extrémité supérieure est située sur la base du cou (septième vertèbre cervicale). Le niveau d’ascension d'un hémithorax par rapport à l'autre est mesuré sur le patient penché en avant (test d'antéflexion Adams)6.

L'examen doit être complété par un examen neurologique et cutané à la recherche des rares causes secondaires de scolioses.



De façon plus claire, l'examen clinique vise surtout à apprécier une gibbosité ou un bourrelet lombaire. Cette recherche s'effectue lorsque le patient est penché en avant, mains et pieds joints. La gibbosité définie la scoliose, elle traduit la rotation vertébrale. Elle se manifeste par une déformation des côtes dans la région dorsale (gibbosité) et par une saillie para-spinale dans la région lombaire (bourrelet lombaire). En outre, un côté du tronc est plus proéminent que l'autre.

Radiologie


Schéma de l'angle de Cobb
Les clichés nécessaires sont une radiographie du rachis dorso-lombaire de face et de profil, fait chez un patient debout, avec compensation préalable d'une asymétrie de longueur des membres inférieurs.

Le principal critère d'évaluation de la scoliose est l'« angle de Cobb », qui se mesure sur une radiographie du rachis de face. C'est l'angle formé à partir de l'intersection de deux droites tangentielles l'une au plateau supérieur de la vertèbre limite supérieure, l'autre au plateau inférieur de la vertèbre limite inférieure. Les conventions médicales veulent qu'un angle inférieur à 10 degrés ne soit pas considéré comme une scoliose à part entière. On peut classer les courbures scoliotiques en fonction de leur importance :
  • courbes inférieures à 20 degrés : scolioses bénignes (aucun traitement requis la plupart du temps, hormis parfois la kinésithérapie) ;
  • courbes comprises entre 20 et 35 degrés : scolioses moyennes (scolioses « orthopédiques ») ;
  • courbes comprises entre 35 et 60 degrés : scolioses importantes (Scolioses « chirurgicales » avec potentiel de réduction correct, voire bon) ;
  • courbes supérieures à 60 degrés : scolioses très importantes (scolioses « chirurgicales » avec potentiel de réduction satisfaisant, voir correct).

Il existe quatre types principaux de scoliose :

  • thoracique (dorsale)
  • thoraco-lombaire (dorso-lombaire)
  • lombaire
  • double

Cette anomalie peut apparaître à des âges différents. On dénombre quatre stades différents d'apparition de la scoliose :
  • de 3 à 7 ans,
  • de 7 à 11 ans,
  • de 11 ans aux premières règles,
  • 50 % auront un angle entre 50 et 100°.

Scolioses de l’adolescence : après les premières règles. 95 % auront un angle inférieur à 50°.
scolioses dégénératives : apparaissant à l'âge adulte sur un rachis initialement sain, rares.
Dans tous les cas, la radiographie permet d'évaluer l'âge squelettique (signe de Risser basé sur l'apparence des apophyses iliaques), car il constitue un indice des potentialités évolutives de la scoliose.


L'évolution de la scoliose est maximale lors de la poussée de croissance de l'adolescence et elle cesse, en pratique, à l'âge adulte.

Les conséquences à long terme des scolioses idiopathiques sont :
  • la gêne respiratoire, avec diminution de la capacité vitale (CV), du VEMS. La diminution de la CV est sévère lorsque la scoliose dorsale dépasse 90° ;
  • les douleurs rachidiennes plus fréquentes que par rapport à un groupe témoin, même si cela n'est pas retrouvé constamment ;
  • la vie quotidienne peut être perturbée, plutôt pendant les périodes de douleurs rachidiennes aiguës ;
  • la scoliose peut provoquer, lorsqu'elle est importante, un retentissement psychologique en raison de l'atteinte de l'image corporelle.
  • Les douleurs rachidiennes et les troubles respiratoires sont d'autant plus importants que l'angle de Cobb est grand. Néanmoins, les scolioses dites « mineures » (inférieures à 20 degrés) ne causent généralement pas de douleurs, surtout si un entretien et un soin du dos est présent.

Non opérée, la scoliose idiopathique a un retentissement variable sur la qualité de vie, en fonction de sa sévérité.

Lorsque l'angle de Cobb est inférieur à 30° en fin de croissance, il est rare qu'elle s'aggrave plus tard. Lorsqu'il est supérieur à 50°, les troubles respiratoires sont d'autant plus importants que cet angle est élevé.

Source :https://fr.wikipedia.org/

ETUDE DE CAS
TUINA ET SCOLIOSE JUVENILE
Le traitement Tui na aide à détendre les muscles et les articulations, à stimuler la circulation sanguine et à soulager les courbatures.

Tuina sur une pré-adolescente présentant une dysfonction C0/C1 + gibbosité L1 à D9 (scoliose).
Première séance:
Photo 1 : avant traitement. Photo 2 après traitement.

TUI de V10 à E12 avec die da wan you + ROU sur huato jiaji, V10, VB20 ; Shonishin sur IG3-V60,F3. NA sur carré des lombe et AN sur HM Yao Yan; BASHEN et YAO lombaires. Pochons d'herbes et ventouses.

Deuxième séance (4 semaines après) avec technique du "bambou chaud"et ventouses en silicones. Absence de gibbosité. Shonishin sur P9-R10. AN sur psoas à droite et obturateurs internes; TUI avec "Die Da Wan You", Bashen et Yao. La scoliose réduite autour de L1-D12 et rectifiée après la séance. Dernier contrôle prévu d'ici 6 semaines.

Formation tuina: http://formation-tuina.blogspot.fr/